Après Crans-Montana viennent les casinos de Locarno (19,45%) et de Meyrin (18,20%). "Les trois premiers établissements sont tous au bé­néfice d’une concession B, qui limite le nombre de machines à sous à 150 et restreint celui des tables de jeu. La différence en­tre ces 19 casinos laisse pantoi, écrit Pascal Vuistiner. Entre le mieux géré et le moins bien loti – Schaffhouse (1,9%) – l’écart est colossal.

En 2006, poursuit le journaliste en se basant sur le rapport annuel de la Commission fédé­rale des maisons de jeu (CFMJ), "l’ensemble des casinos a dé­gagé des recettes se montant à 955 millions, sur lesquelles 495 millions ont été prélevés par l’impôt, soit 52% du produit brut des jeux redistribués à l’AVS (417 millions) et aux can­tons (78 millions)."

Bilan constate que ce n’est pas le casino qui réalise le chiffre d’affaires le plus impor­tant – Mendrisio avec 132 mil­lions – qui dégage le plus de profit. "De manière générale, la très grande majorité des mai­sons de jeu dégagent une renta­bilité correcte située entre 10% et 15%. Il existe toutefois des exceptions avec des établisse­ments dont non seulement le chiffre d’affaires est très faible, mais qui, en plus, ne parvien­nent pas à créer de bénéfices."
   
 
Une stratégie porteuse
Quel est donc le secret du groupe Partouche qui est propriétaire des casinos de Crans-Montana et Meyrin? C'est la question posée par Pascal Vuistiner à
Yassine Ben Abdessalem, administrateur délégué et directeur général de Parcouche en Suisse:

«Nous étoffons constamment notre offre pour que les clients reviennent chez nous et, très important, nous soignons nos collaborateurs. Nous sommes les seuls casinotiers du monde à redistribuer les pourboires des tables de jeu à l’ensemble des employés. Celui qui, au­jourd’hui, ne connaît pas son client et qui ne motive pas ses employés ne connaît pas son affaire.»

Conséquences directes de cette stratégie, nous dit Bilan: chaque jour, des dizaines d’offres d’emploi spontanées arrivent sur le bu­reau du directeur et, «si les chiffres 2006 étaient bons, ceux de 2007 seront meilleurs». De fait, depuis la reprise par Partouche du casino de Crans-Montana, il y a deux ans, le bénéfice est passé de 400 000 francs à 7 millions!

Avec un tel succès, Partouche n’est-il pas tenté de s’étendre, demande Bilan à
Yassine Ben Abdessalem:

«Nous adorons la Suisse et cherchons activement des op­portunités de rachat ou de pri­ses de participation dans le monde des casinos, mais aussi dans d’autres secteurs».

Source: Bilan du 19 décembre 2007