Lors de cette 42e édition, on croise de joueurs de nombreux pays et Crans-Montana compte sur la fidélité de José Damiani, président de la Fédération mondiale de bridge.
Dans une interview, il disait craindre de voir le nombre de jeunes s'intéresser au bridge diminuer. Un recul qui se perçoit aussi lors du tournoi international à Crans-Montana. "Il ne nous reste plus qu'à convaincre de la nécessité d'enseigner le bridge à l'école de par le monde, mais sans volonté et sans moyens matériels, ce sera difficile et c'est bien tard, car il faut du temps et celui-ci nous est compté. (...) Mais le bridge est en concurrence avec beaucoup d'autres sports ou activités (les jeux vidéos dont vous parlez, souvent moins intelligents…), mais aussi à bien d'autres sports qui se démènent pour attirer les jeunes. Si ceux-ci ne sont même pas informés de l'existence et des perspectives qu'offre le bridge, ce qui est presque le cas aujourd'hui du fait du laxisme ambiant, nous assisterons simplement à la "Chronique d'une mort annoncée". Dommage! Le bridge, c'est magnifique!" L'enseignement du bridge à l'école en Valais serait certainement une bonne chose pour relancer un peu ce sport. Simon Derivaz a bien tenté la chose. Mais sans succès. Par contre son souhait a trouvé écho à l'EPFL, là où se trouve un véritable berceau de mathématiciens.

Le bridge s'est démocratisé
Le temps est loin où le bridge rimait avec un certain snobisme, des dames jouant en buvant a cup of tea, les soirées se terminant par la distribution de prix en robes longues et smoking. "C'est fini tout ça, le bridge s'est démocratisé!" En France par exemple, on assiste à de championnats d'écoliers, d'adolescents, de gymnasiens. "Je me souviens d'un jeune aux Championnats du monde récemment qui ne faisait pas mauvaise figure", note Simon Derivaz.
Le bridge requiert beaucoup de mémoire (qu'il contribue à entretenir avec l'âge), de psychologie, il faut faire preuve d'audace et de rapidité de décision, il faut avoir un sens de l'observation aiguisé. Il n'est par rare de rencontrer de très bons joueurs ayant passé les 90 ans.


Des joueurs de tous horizons
A Crans-Montana ces jours, on rencontre des joueurs d'un peu partout :
Espagnols, Hollandais, Italiens, Britanniques, Roumain, Français, sans oublier les Suisses, Irlandais. On note la présence de quelques champions parmi les joueurs. Mais, assure Simon Derivaz, tous ont joué les uns contre les autres, "et si on commet une erreur, un champion vous expliquera très volontiers comment lui il aurait joué". On se comporte en gentleman dans les milieux du bridge... Un peu comme au golf, on peut profiter de ce genre de tournois pour avoir la chance de jouer avec de sacré pointures! D'ailleursSimon Derivaz regrette que les Valaisans ne saisissent pas l'opportunité de prendre part à la Semaine internationale de bridge de Crans-Montana.

Le bridge, explique Simon Derivaz, attire de nombreux joueurs d'échecs, "car si le jeu d'échecs est solitaire, le bridge se joue à 2 ou à 4. Il crée des liens, on peut le jouer partout dans le monde et se comprendre malgré la différence des langues. Je me souviens avoir joué il y a une dizaine d'années en Afrique du Sud et avec mon partenaire nous avons réussi à nous comprendre d'un bout à l'autre du tournoi sans problèmes!" Une contre-indication tout de même, selon Simon Derivaz: il vaut mieux ne pas pratiquer ce jeu en couple, souffle-t-il dans un sourire...

Un atout pour Crans-Montana
A Crans-Montana donc, le nombre de participants a diminué. Pas question toutefois pour les organisateurs de baisser les bras: des contacts seront pris avec des tours opérateurs pour l'an prochain, pour compléter le carnet d'adresses très fourni des organisateurs, notamment Simon Derivaz. En Hollande par exemple, on compte 120'000 joueurs de bridge inscrits! Relancer la participation signifie aussi de pouvoir trouver hôtels pour loger tout le monde. On connaît le problème récurrent à Crans-Montana dans ce domaine... Actuellement, la moitié des participants ont un chalet à Crans-Montana et l'autre moitié loge à l'hôtel. Cette Semaine internationale du bridge représente donc un apport intéressant pour la station. Pas question non plus de faire une pause d'une année: la manifestation disparaîtrait, et s'en irait peut-être dans une autre station comme Gstaad. Simon Derivaz ne cache pas que des propositions lui ont été faites dans ce sens.

Rencontre quotidienne au Royal
A Crans-Montana, on ne joue pas au bridge que durant ce tournoi international. Les joueurs se retrouvent tous les jours à l'hôtel Royal, de 15 h à 18 h 30. La meilleure façon pour débuter, confie Simon Derivaz, c'est de suivre quelques cours et de beaucoup travailler ensuite, de beaucoup jouer. On peut aussi jouer en ligne, mais là, note le spécialiste, on perd tout le plaisir du contacts humains avec les autres joueurs, ce qui rend ce jeu notamment le bridge tant intéressant.

Pour s'informer sur ce  jeu, pour prendre des cours à Crans-Montana, contactez Simon Derivaz au 079 446 17 71
simonderivaz@bluewin.ch

  • Les résultats du tournoi sur le site Swiss Bridge
  • Une interview à lire sur internet de José Damiani, président de la Fédération mondiale de bridge