«Berne a-t-elle encore besoin d’un centre de réadaptation à Montana? Oui, selon la direction de la santé du canton. Non, selon l’UDC, les Radicaux et les Caisses maladies.

La loi définit la Clinique Bernoise Montana comme «une prestation cantonale interne située à l’extérieur du canton». Pour rappel, la Clinique est depuis 1949 à la disposition des Bernois qui ont besoin d’une réadaptation. Aujourd’hui, la clinique engendre des charges d’un montant de 14.6 millions de francs (comptes 2005), dont 4.2 millions pour le compte du canton.

Mais pourquoi donc le canton de Berne envoie-t-il ses citoyens en réadaptation dans le canton du Valais? Les raisons sont historiques: dans les années 40, la clinique a été construite à Montana car son climat était particulièrement adapté pour soigner la tuberculose. Mais aujourd’hui, on sait qu’une bonne réadaptation est aussi possible en plaine.

D’où, cette question: a-t-on encore besoin de la Clinique Bernoise Montana ?

L’UDC et les Radicaux estiment que non et veulent s’en séparer. L’UDC demande tout bonnement au canton d’annuler son contrat avec la clinique. Il souhaite vendre l’établissement et répondre aux besoins en réadaptation avec les capacités à disposition sur le domaine cantonal.

Les caisses maladies ne voient pas les choses autrement: santesuisse Berne prétend qu’il n’est pas justifié de poursuivre l’exploitation de la clinique. Et la société de médecins réclame que l’idée d’une fermeture prochaine ne soit au moins pas exclue.

Côté PS, on ne se prononce pas sur le sujet. Quant aux Verts, ils demandent un examen pour vérifier si la clinique est toujours utile, bien que le canton ait déjà enquêté pour la planification actuelle.

Et le résultat est clair. Montana serait toujours indispensable, selon la direction de la santé. Dans sa planification, elle relève qu’un transfert des prestations entraînerait des coûts supérieurs aux avantages qu’il pourrait apporter.

La direction du département de la santé dit ceci: «Pour des raisons stratégiques, les prestations devraient être transférées à Berne ou à Bienne, car ces deux centres urbains offrent les meilleures possibilités de développement de la réadaptation ambulatoire. Or un tel déplacement n’est pas envisageable à l’heure actuelle, car il supposerait des dépenses trop importantes. Un désinvestissement dans Montana aurait en outre des conséquences pour les employés, sans oublier que les frais de personnel sont plus élevés dans le canton de Berne».

L’UDC considère ces arguments insuffisants et estime que le besoin en réhabilitation pourrait être couvert par les structures actuelles, notamment avec l’utilisation des lits qui se libèrent dans les hôpitaux en soins aigus.

L’avenir de la clinique bernoise est donc pour le moins incertain, selon l’auteur de l’article. Elle devrait être à nouveau à l’ordre du jour du Grand Conseil.