On le sait très bien, poursuit Paul-Albert Clivaz, "il y aura une décision fédérale qui va intervenir dans ce domaine. La décision que vient de prendre Ayent pour sa station, replacée dans la campagne qui bat son plein sur le Haut-Plateau, n'est en tout cas pas négative."

Ce qui frappe Laurent Savary, auteur de l'article, c'est la réaction des entrepreneurs actifs dans la construction qu'il a contactés. "Contrairement à Crans-Montana, cette décision ne semble pas susciter de vives oppositions dans les milieux pourtant premiers concernées." Et de citer Raphy Bétrisey, responsable de la société immobilière Novagence: "C'est courageux et très sage. Cela fait longtemps qu'on aurait dû se pencher sur la question. C'est le dernier moment, car le terrain constructible n'est pas extensible." Roland Travelletti estime lui aussi que tout le monde sera gagnant suite à cette pause imposée: "Je ne devrais pas dire cela en tant qu'agent immobilier, mais c'est une bonne idée. Il faut réfléchir à un tourisme sur le long terme." C'est exactement dans cet esprit que les autorités de Crans-Montana ont mis en route leur Plan directeur intercommunal (PDI) qui a commencé par une analyse de la situation, le constat des problèmes, et les premières solutions données avec l'association de communes pour améliorer la gouvernance, ensuite avec le RQC (Règlement des quotas et du contingentement) pour permettre au tourisme de retrouver un équilibre entre résidences secondaires, résidences principales et lits marchands.

Rappelons qu'à Crans-Montana, ces deux mesures s'inscrivent parmi d'autres qui doivent donner un nouvel élan au tourisme: le Plan directeur intercommunal représente la feuille de route "Crans-Montana 2020" qui détermine un développement concerté de la région touristique.

Gouverner, c'est anticiper, affirmait Paul-Albert Clivaz...