«Avec 860 forfaits en 2006, indique Serge Sierro, le Valais arrive loin derrière Vaud et Genève. Pour ces trois cantons, les forfaits concernent principalement des Français et des Italiens, en raison de la proximité. Il faut savoir que la question fiscale détermine rarement seule le choix du lieu de résidence. Un ensemble de paramètres interviennent, comme la tranquillité, la sécurité, le bien-être et la paix sociale, ou le climat. » Selon l’avocat-conseil, ceux qui choisissent le Valais sont en général «des gens qui ont eu une vie active bien remplie, et qui sont arrivés plus ou moins en préretraite, qui ont par exemple remis leurs entreprises et recherchent un lieu pour mener des activités désormais plus paisibles.»

Pour Serge Sierro, pas de doute, nous avons tout intérêt à accueillir ces personnes au bénéfice d’un forfait fiscal. Elles «ne sont demandeuses d'aucune prestation de services, elles n'ont par exemple pas de besoins scolaires ni d'aides sociales, mais au contraire alimentent les activités de services du pays.» Et de rappeler que les forfaits de se négocient pas: «C'est un impôt qui est calculé sur les dépenses estimées du contribuable ainsi que la valeur locative de son logement multipliée par cinq. Sur quoi il sera perçu environ 40%. En Valais, c'est 14% pour le canton, 13% pour les communes et 11, 5% pour l'impôt fédéral. Le contribuable au bénéfice d'un forfait doit chaque année remplir une déclaration. Intervient ainsi ce qu'on appelle un calcul de contrôle, qui peut aboutir à une augmentation du forfait, notamment si le contribuable a touché des montants provenant de titres suisses. En 2005, en Valais, le canton et les communes ont encaissé ainsi environ 14 millions chacun.»

Interrogé sur les attaques de nos voisins français notamment, Serge Sierro replace cela dans le contexte de la campagne élecotrale, quant aux critiques de l'Union Européenne, «elles portent bien plus sur les facilités accordées aux entreprises européennes installées en Suisse, et qui généreraient une concurrence déloyale. Les forfaits fiscaux, en comparaison, ne représentent pas grand-chose et il s'agit d'une pratique régie par la législation fiscale suisse, ainsi que par des conventions internationales, notamment celle, franco-suisse, sur la double imposition.» Pas question pour Serge Sierro d’augmenter le montant des forfaits: «ils doivent rester suffisamment attractifs pour que la Suisse demeure compétitive face à des pays comme l'Angleterre, l'Irlande ou le Luxembourg, qui offrent des conditions autant voire plus favorables.»

Source: Le Temps, 7 février 2007, par Laurent Nicolet